Se nourrir de l’aventure…
On pourrait céder à la tentation de dire que les temps sont durs pour les événements culturels. De dire que le FIFAV n’échappe pas à la règle. C’est un fait, mais il nous appartient de nous adapter, voire de nous réinventer. Dès lors, les fondamentaux de notre rendez-vous automnal, ne cessent de nous stimuler dans l’idée que le FIFAV est un puissant levier, qui nous aide à relativiser, à rester réalistes et à tendre encore vers l’optimisme, pour rester positifs. Réalistes car être français.e aujourd’hui, n’est pas être ukrainien.ne ou afghan.e pour ne citer que ces deux peuples, en référence à deux beaux films de la sélection. Optimistes, car bien des histoires qu’on y partage vont dans le sens de garder foi en l’humanité et en la beauté du monde comme un contrepied aux grandes manœuvres en cours. Positifs, car en dépit du contexte qui ne nous simplifie pas la tâche en tant qu’association ou en tant que citoyen, nous trouvons dans le FIFAV et son écosystème, l’énergie d’aller de l’avant. Ce festival, c’est une aventure humaine en soi. Qui draine des milliers de festivaliers, passionnés, curieux, rêveurs au fil des éditions. Quel bonheur, merci ! Qui convie des dizaines de talents venus nous partager leurs histoires vécues ou rêvées, à l’écran ou au fil des pages. Qui mobilise des partenaires engagés, publics et privés, bien présents. Même si d’autres, attendus, ne répondent pas à l’appel, nous appliquons un mantra : avancer avec ceux qui croient en cette histoire, en ces histoires. Et puis il y a l’équipe : les salariées, les dirigeants.es, les bénévoles, les prestataires. Une fois n’est pas coutume, je saisis l’occasion de cet édito pour saluer leur énergie, leur adhésion au projet ainsi que la grande qualité de leur travail.
Ancré à La Rochelle depuis plus de 20 ans, le FIFAV met en lumière cette année trois personnalités très maritimes. Une belle occasion de nous inspirer de la pugnacité et de la sincérité de Charline Picon, de la sérénité à toute épreuve, du talent et de l’engagement d’Isabelle Autissier, ou encore de l’incroyable héritage légué par un certain Bernard Moitessier. Ces trois-là, à leur manière, battent pavillon rochelais. Comme tant d’autres, ils nous invitent à ne jamais baisser les bras ! C’était aussi la philosophie de l’ami Fabien Clauw, marin et écrivain rochelais, parti bien trop tôt.
N’est pas aventurier.ère qui veut, mais qu’importe ! Il appartient à chacun.e de se nourrir des ressorts de vie qui font l’âme de ces derniers.ères ! Restons curieux, laissons de la place aux rêves, nourrissons-nous du réel.
Bon festival à toutes et à tous !
Stéphane Frémond, Président de l’association du FIFAV